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Au Soudan du Sud, des chrétiens s'engagent contre la haine en ligne et la désinformation

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Les réseaux sociaux peuvent rapprocher les populations, mais ils peuvent également devenir des espaces de propagation de la haine et de la désinformation. Au Soudan du Sud, des communautés chrétiennes ont décidé de s'engager contre ce phénomène, conscientes des conséquences que certains messages publiés en ligne peuvent avoir sur la vie réelle.

Des responsables d'Églises, des jeunes et des acteurs communautaires issus de groupes parfois opposés prennent part à une initiative appelée « Digital Pledge for Peace », que l'on peut traduire par « Engagement numérique pour la paix ».

Soutenue par la Church Mission Society (CMS), cette démarche encourage les chrétiens à rejeter les messages haineux, à vérifier les informations avant de les partager et à faire des réseaux sociaux des outils de dialogue plutôt que de division.

Quand les publications en ligne alimentent les tensions communautaires

Dans certaines régions du Soudan du Sud, les conflits entre communautés sont anciens et trouvent notamment leur origine dans des différends territoriaux et des tensions locales.

Les communautés Dinka Ngok et Dinka Twic, notamment dans les zones d'Abyei et de Twic, ont connu des périodes de violences liées à des conflits autour des terres.

Dans ce contexte, les publications non vérifiées, les messages provocateurs et les contenus haineux diffusés sur les réseaux sociaux peuvent aggraver les tensions existantes.

WhatsApp, largement utilisé pour communiquer et partager des informations, est particulièrement concerné par cette problématique.

Paul Lueth, acteur local engagé dans la consolidation de la paix, alerte sur les conséquences possibles d'un simple message, d'un partage ou d'une note vocale. Selon lui, une publication peut contribuer à provoquer des pertes humaines, des déplacements de familles et la destruction de communautés.

Une initiative lancée par des femmes pour promouvoir la paix

L'initiative « Digital Pledge for Peace » a été lancée en juillet 2025 par des femmes issues des communautés Abyei et Twic.

À travers leur engagement, ces femmes ont voulu encourager le dialogue, le pardon et la responsabilité dans les échanges entre les communautés.

La démarche a progressivement gagné du terrain. Des responsables religieux, des groupes de jeunes et d'autres organisations chrétiennes ont rejoint le mouvement.

L'objectif est désormais d'étendre cet engagement aux espaces numériques, où les rumeurs et les messages hostiles peuvent rapidement circuler.

Les jeunes chrétiens appelés à devenir des acteurs de paix

L'un des aspects importants de cette initiative concerne la responsabilisation des jeunes.

Des responsables communautaires organisent des rencontres, des rassemblements pour la paix, des petits-déjeuners de prière et des échanges afin de sensibiliser les participants aux dangers de la désinformation.

Certains jeunes leaders interviennent également directement dans leurs groupes WhatsApp et sur les réseaux sociaux pour contester les fausses informations et décourager les propos agressifs.

Pour les responsables de l'initiative, cet engagement doit dépasser le cadre des rencontres physiques. Il doit se traduire dans les comportements quotidiens, notamment dans la manière de commenter, de publier et de partager des contenus.

Joan Busolo, responsable régionale Afrique de la Church Mission Society, rappelle que les interactions numériques ne sont pas sans conséquences. Les paroles publiées en ligne peuvent avoir un véritable impact sur les relations humaines et la sécurité des populations.

La responsabilité numérique, un enjeu pour les Églises

Cette initiative s'appuie également sur des principes bibliques. Dans Matthieu 5:9, Jésus déclare : « Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu. »

Éphésiens 4:29 invite également les croyants à veiller à ce que leurs paroles contribuent à l'édification plutôt qu'à la destruction.

Pour les Églises engagées dans cette démarche, être artisan de paix ne concerne donc pas uniquement les relations physiques. Cela implique aussi une attitude responsable dans les espaces numériques.

Toutefois, les organisateurs reconnaissent que le travail reste important. L'éloignement de certaines communautés, le manque de moyens de transport et les difficultés de communication compliquent le suivi régulier des engagements.

La sensibilisation doit donc se poursuivre pour transformer cette déclaration de principe en habitudes durables.

Un message qui dépasse les frontières du Soudan du Sud

À travers cette mobilisation, les chrétiens sud-soudanais adressent un message à l'ensemble des communautés chrétiennes : la foi doit également influencer notre comportement sur Internet.

À l'heure où les réseaux sociaux occupent une place importante dans les échanges quotidiens, chaque utilisateur porte une responsabilité dans la circulation des informations et des opinions.

Partager sans vérifier, relayer un message haineux ou participer à une campagne de dénigrement peut avoir des conséquences qui dépassent largement l'écran d'un téléphone.

Et si notre témoignage chrétien commençait aussi par notre manière de communiquer sur les réseaux sociaux ?

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